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Par un aidant

Tant que Michel sera là, je serai présente auprès de lui. Toujours.

Une bombe éclate tout près de nous. Nous sommes le 12 août 2010. C’est le diagnostic de SLA de mon conjoint Michel qui vient de tomber. Nous connaissons bien cette maladie puisqu’elle a emporté la mère de mon conjoint il y a 24 ans. Est-ce que je serai en mesure de traverser cette épreuve avec mon conjoint et nos 3 enfants? Est-ce que je serai capable de l’aider, de le soutenir, de l’aimer tout au long de son combat? Aurais-je la force et le courage de pouvoir faire en sorte que nos enfants puissent continuer leur chemin? J’ai une peine immense à penser que cette maladie ne laisse aucune chance ou presque de vivre plusieurs années et que nous ne pourrons être ensemble encore bien longtemps. Que celui avec qui je partage ma vie depuis 24 ans me quittera prématurément et aussi jeune en traversant une terrible maladie. Je suis extrêmement triste lorsque je vois des couples plus âgés puisque je ne pourrai vieillir avec mon conjoint, que mes enfants perdront leur père trop tôt et que les petits enfants ne pourront connaître leur grand-père.

Mais l’espoir est toujours là bien présent dans nos coeurs pour que nous puissions continuer à profiter de la vie encore très longtemps. Michel a une belle et grande volonté de vivre. Les enfants et moi voulons partager tout ce que la vie nous donnera de vivre avec Michel.

Après un peu moins de 2 ans depuis le diagnostic, je salue son courage, sa détermination et son moral d’acier qui contribuent sans doute à l’aider à mieux vivre avec la maladie. Certes ce n’est pas facile tous les jours lorsque l’on sent son corps perdre l’usage de ses muscles et de leur force, lorsque l’on perd son autonomie petit à petit et que l’on doit compter sur les autres pour prendre soin de notre personne. Michel a su apprivoiser ces nombreux changements et s’y adapter au fur et à mesure.

Quant à moi, je me suis fait à mon nouveau rôle d’aidante naturelle. C’est demandant mais l’amour que je porte en moi me donne cette force et ce courage pour que je sois ses bras et ses mains au quotidien. Toutefois je n’y arriverais pas sans l’aide de mes enfants et de mon entourage et de notre précieuse aidante France.

Tant que Michel sera là, je serai présente auprès de lui. Toujours. 

Nathalie Provost